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Maladies traitées : le SIDA

Les premiers malades du SIDA sont venus frapper en 1987 aux portes de l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar. Des tradipraticiens très expérimentés ont mis au point des préparations à base de plantes antivirales et d’autres plantes luttant contre les divers troubles et maladies infectieuses bactériennes qui surviennent avec le SIDA. A partir de quelques bases fondamentales essentielles et du vaste savoir de la médecine traditionnelle du Sénégal, il a été possible, sans recherche coûteuse et sans perte de temps d’élaborer des thérapeutiques efficaces.

Les résultats des travaux de recherche mondiaux pour lutter contre le SIDA sont une accumulation de données en sciences fondamentales consignées dans de volumineux ouvrages et des milliers de publications. On connaît entre autres la structure du virus, le nombre de nucléotides de l’ARN, le rôle des gènes dans la synthèse de la transcriptase - inverse des antigènes viraux - les mécanismes d’activation de la réplication virale, le mode d’attaque et de lyse des cellules infectées. D’autres travaux ont été consacrés aux désordres biologiques et aux maladies associées. Il faut y ajouter la mise au point de tests pour détecter la contamination virale.

A partir de ces travaux scientifiques, on a tiré des fils conducteurs pour la recherche thérapeutique. Les molécules retenues parmi toutes celles mises en expérimentation humaine, avec les dangers qu’elle comporte, se sont avérées décevantes malgré le bruit dont elles ont été ou sont encore entourées. Leur haute toxicité, leur action éphémère ne peuvent être niées. De plus, les mutations qu’elles provoquent font courir le risque d’émergence de souches virales encore plus pathogènes. On ne s’est pas demandé quel pouvait être l’impact de ces antiviraux sur les autres virus, pathogènes ou non, présents dans l’organisme des patients.

Les solutions thérapeutiques proposées à l’Hôpital de Keur Massar

Les premiers malades angoissés et accablés de souffrances sont venus frapper en 1987 aux portes de l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar. Le Dr Yvette Parès nous expose le cheminement thérapeutique qui y fut suivi : « Parmi les données de sciences fondamentales, nous avons sélectionné ce qui était essentiel. Il s’agissait d’un virus capable de demeurer latent et inaccessible à l’intérieur du noyau cellulaire. Ce virus était responsable de divers troubles et détruisait les défenses de l’organisme, ouvrant ainsi la porte à toutes sortes d’affections bactériennes, virales, fongiques, parasitaires et tumorales.

L’ensemble de ces données permettait d’établir nettement le profil des recherches thérapeutiques mais elles exigeaient un travail intense de notre équipe. Ces recherches reposaient sur le vaste savoir de la médecine traditionnelle du Sénégal, sur sa connaissance approfondie des plantes, de leurs associations, des proportions et de l’influence des modes de préparation. Seuls des thérapeutes de haut niveau étaient capables d’élaborer de telles thérapeutiques. Les tradipraticiens devaient donc mettre au point des préparations à base de plantes antivirales. D’autres devaient, en plus, lutter contre les divers troubles (fièvre, diarrhée, arthralgies, etc.), assurer un rôle curatif ou préventif pour les maladies infectieuses bactériennes, virales, mycosiques, parasitaires qui pouvaient survenir au cours de l’infection. Il fallait aussi traiter l’angoisse et l’anxiété. Par ailleurs, la latence du virus intégré au génome cellulaire, avec les décharges virales échelonnées dans le temps, exigeait des traitements de longue durée.

Avec quelques bases fondamentales essentielles et le savoir de la médecine traditionnelle du Sénégal il a été possible, sans recherche coûteuse ni perte de temps d’élaborer des thérapeutiques efficaces.

Les signes et symptômes que présentent habituellement les patients à leur première consultation sont nombreux et impliquent déjà beaucoup de souffrances : angoisse intense, amaigrissement, asthénie, fièvre, diarrhées, dermatoses, douleurs musculaires, lombaires et abdominales, vertiges, nausées, angines fréquentes… Les traitements prescrits sont administrés par voie interne et externe.

Les préparations médicamenteuses à usage interne ont la forme de décoctions, infusions, macérations…

Toutes ces préparations sont antivirales mais, selon leur composition, elles présentent simultanément d’autres propriétés parmi celles énumérées ci-dessous :

  • antibiotiques
  • antiparasitaires
  • antifongiques
  • antimycobactériennes
  • antidermatoses
  • antiprurit
  • antiallergiques
  • antidiarrhéiques
  • antiarthralgiques
  • diurétiques
  • aébrifuges
  • toniques
  • contre la dépression et l’angoisse
  • antianémiques...

Pour les traitements par voie externe, on peut citer :

  1. Pommades
    • antivirales
    • antifongiques
    • antiseptiques
    • fébrifuges
  1. Lotions :
    • propriétés identiques à celles des pommades
    • traitement des pieds brûlants
    • antidiarrhéiques
    • antiarthralgiques
  1. Bains de bouche :
    • antiviraux
    • antibiotiques
    • antifongiques
    • antiaphtes
    • antihémorragiques
    • fortifiants des gencives
  1. Inhalations :
    • antivirales
    • infections respiratoires
  1. Préparations pour bains partiels ou ablutions générales :
    • antiviraux
    • antiseptiques
    • toniques

De cette longue énumération, il ressort que l’infection VIH-SIDA peut bénéficier d’une gamme étendue de préparations médicamenteuses à visée curative et préventive. Cette gamme n’est pas limitative. Les recherches thérapeutiques n’ont jamais été interrompues afin d’élargir toujours davantage les possibilités de traitement de l’infection VIH-SIDA. Comme pour toutes les maladies graves, il est évident que la thérapeutique doit être mise en œuvre avant l’installation de dégâts irréparables. On peut dire que jusqu’au stade IV, sous groupe A et C (et quelques signes neurologiques mineurs), le traitement suivi avec régularité et persévérance donne les meilleures chances au patient.

Quels sont les résultats obtenus ?

Les premiers patients qui ont suivi ces traitements sont en excellente forme et mènent une vie très active.

Tout d’abord, l’évolution de l’infection est stoppée. Puis les signes et symptômes s’atténuent et disparaissent progressivement. Le patient retrouve enfin un grand bien-être physique et s’estime guéri. Mais la prudence s’impose. Le virus peut demeurer latent dans un certain nombre de cellules, aussi le traitement doit être prolongé afin de parer à d’éventuelles décharges qui entraîneraient une rechute. Des cas de retour à la séronégativité ont été obtenus et les patients ont décidé d’abandonner le traitement de sécurité. Si aucune rechute ne se reproduit dans l’avenir, des conclusions pourront être tirées. Seuls le temps et le recul donneront les réponses définitives.

Un fait important mérite d’être souligné. Les malades sont angoissés et soumis à d’incessantes informations négatives. Ils arrivent persuadés de leur fin prochaine. A la première consultation le praticien doit, par son accueil et ses paroles, ranimer ce que l’on peut appeler les forces de guérison, c’est-à-dire le courage, l’espoir et la volonté de lutter. Le patient réconforté abordera ensuite avec confiance le traitement prescrit et le poursuivra avec régularité et persévérance.

De tout ce qui précède, il ressort que face à l’infection VIH-SIDA, l’Afrique n’est pas le continent démuni que l’on s’obstine à décrire. Les peuples africains ont leur médecine traditionnelle riche de savoirs accumulés au cours des millénaires. Ils ne doivent pas se sous-estimer mais agir avec détermination. Les circonstances sont tragiques. Elles les appellent à mettre en place dans les meilleurs délais l’organisation qui permettra de lutter contre cette pandémie dévastatrice. »


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